Home Politique Législatives nationales : Sankuru, province sans leader

Législatives nationales : Sankuru, province sans leader

5 min read
0
0

Les résultats provisoires des législatives nationales publiés le 14 janvier 2024 par la CENI ont consacré une dégringolade des élites politiques du Sankuru. Aucun parti politique naturel et historique de la contrée n’a réussi à arracher deux sièges à travers la province. Ce qui augure une nouvelle ère incertaine et peut être mouvementée.

La province de Patrice Emery Lumumba sera représentée à l’Assemblée nationale par quatorze élus inscrits sur neuf listes (partis et regroupements politiques).

Une de ces listes, en l’occurrence l’Alliance des acteurs attachés au peuple (AAAP) a obtenu quatre sièges, à savoir à Katako-Kombe, Lubefu, Lusamboville et Kole. Petit couac: aucun ressortissant du Sankuru ne siége au directoire (conférence des présidents) de ce regroupement politique dirigé par Tony Kanku.

Vient ensuite l’AB, regroupement politique du premier ministre Sama Lukonde avec trois sièges obtenus à Katako-Kombe, Lodja et Lomela.

L’UDPS/Tshisekedi occupe la troisième place avec deux sièges obtenus à Kole et à Lodja.

Vous l’avez donc deviné : la Convention des congolais unis (CCU) de Lambert Mende, alignée sur le regroupement politique AE, l’Alliance des démocrates pour le progrès (ADP), parti politique de Christophe Lutundula Apala, aligné au regroupement politique AB et le Parti social- démocrate vert (PSDV) de Léonard She Okitundu, membre du regroupement politique AAeC, n’ont obtenu chacun qu’un siège, respectivement à Lodja, Katako-Kombe et Lumumbaville.

Pourtant, aux législatives nationales de 2006, 2011 et 2018, les partis politiques de Mende et de Lutundula ont fait partie des premières forces politiques du Sankuru.

C’est dire que ces trois acteurs politiques et leurs partis politiques ont perdu en influence dans leur province même s’ils ont tous été réélus députés nationaux.

Ils ne sont pas non plus bousculés par la jeunesse sankuroise, qui n’a visiblement pas été à la hauteur des attentes, comme en témoigne l’échec de l’ancien gouverneur Joseph Stéphane Mukumadi à la députation nationale à Lodja et de son successeur à la tête de la province, Jules Lodi, à la députation nationale à Katako-Kombe.

Il en est de même de l’ancien président de l’Assemblée provinciale du Sankuru, Benoît Olamba, qui a n’a pas été élu à Katako-Kombe.

"Partout à travers le monde, les élections sont d'abord sociologiques. C'est ce qui fait que le regroupement de Sama Lukonde a eu plus de voix dans le Grand Katanga, ceux de Vital Kamerhe et Bahati Lukwebo dans le Kivu, le parti de Bemba dans le Grand Équateur et ainsi de suite. Même le parti politique de Muhindo Nzangi, récemment créé, a glané quatre sièges dans son fief du Nord-Kivu, tout comme le regroupement de Fifi Masuka dans le Lualaba", fait remarquer un professeur en sciences politiques.

Pour lui, le Sankuru est actuellement sans leader politique et ne devrait logiquement pas espérer peser au niveau national de prise de décisions.

Junior Lomanga

Load More Related Articles
Load More By Admin
Load More In Politique

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Check Also

Léon Nguwa: «les épreuves endurées par l’UNC en 14 ans d’existence et son leader démontrent que notre destinée sera meilleure »

19 juin 2010-19 juin 2014, l’Union pour la nation congolaise (UNC) a totalisé quator…