Home Nation Sorcellerie blanche : L’Ong britannique Minority Rights accusée de pondre un faux rapport contre les FARDC et le parc national de Kahuzi Biega

Sorcellerie blanche : L’Ong britannique Minority Rights accusée de pondre un faux rapport contre les FARDC et le parc national de Kahuzi Biega

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Des faux témoignages faits par des personnes fictives sur des faits imaginaires. C’est en résumé la lecture que font des acteurs majeurs de la société civile environnementale congolaise du rapport publié le 6 avril dernier par l’organisation britannique Minority Rights Group International, contre le Parc national de Kahuzi Biega. Ses auteurs indexent, sur base des témoignages jusque-là non confirmés par des sources indépendantes, les principaux bailleurs de fonds de ce parc d’avoir financé le viol et l’assassinat des membres de la communauté autochtone Batwa par des écogardes et militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Au cours d’un point de presse tenu le lundi 11 avril, le directeur de communication du Parc national de Kahuzi Biega a dénoncé une volonté de nuire qui caractériserait les initiateurs de ce rapport.

Hubert Mulongoy a fustigé une démarche tendant selon lui, à salir l’image de tout un pays, de son armée et d’une institution qu’est l’Institut national pour la conservation de la nature (ICCN), précisément le parc national de Kahuzi Biega.

Un village mal situé et des menaces à l’endroit des bailleurs de fonds

Selon le rapport de Minority Rights Group International, deux membres de la communauté Batwa auraient été tués en 2020 dans le village Muyange, situé à Kalehe.

Curieusement, le seul village Muyange qui existe dans la région et même en RDC se trouve dans le territoire de Kabare, groupement de Miti, à 3 km de Tshivanga, quartier général du parc.

« Il est inconcevable et irresponsable qu’il y ait des cas de viol de 15 femmes Batwa dans la circonscription du Prix Nobel de la paix, le Docteur Denis Mukwege et que cela passe inaperçu par lui-même et ses services répandus à travers la communauté locale. Pourrait-il afficher un silence face à des abus des droits humains pour couvrir les écogardes et les militaires FARDC? Est-il aussi complice? », a argumenté le chargé de communication du Parc national de Kahuzi Biega.

Il a révélé que toute personne qui tente de dire la vérité fait directement objet de menaces de la part de Minority Rights Group International et ses organisations satellites autour du parc de Kahuzi Biega.

« Nos bailleurs de fonds sont menacés ainsi que nos partenaires, la société civile environnementale du Sud-Kivu menacée, Adelipo menacé et d’autres ONG locales qui veulent donner la lumière sur ce dossier sont menacées », s’est indigné Hubert Mulongoy.

Il a à son tour menacé que « l’ICCN/PNKB se réserve le droit d’initier des poursuites judiciaires contre M.Robert Flummerfelt et l’organisation MRG pour ces allégations qui ternissent l’image de marque du parc et des efforts consentis par les FARDC pour le rétablissement de la paix en RDC en général et au Sud-Kivu en particulier ».

Les acteurs locaux de la société civile dubitatifs

A en croire le Parc national de Kahuzi Biega, nulle part dans le rapport de la mission effectuée par le bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu, le 22 février dernier auprès de la communauté Batwa, il est fait mention des tueries de ses membres comme le prétend Minority Rights Group International.

« Ce rapport constitue une diffamation à l’égard des écogards et de l’armée congolaise », a martelé le chargé de communication du Parc national de Kahuzi Biega.

Au regard des incongruités relevées ci-haut, beaucoup d’analystes estiment que cette organisation britannique chercherait à décourager l’Allemagne et d’autres bailleurs de fonds à cesser d’apporter leur appui à l’ICCN et à couper de facto leur financement en faveur du parc national de Kahuzi Biega.

Comme l’a chanté la star congolaise Fally Ipupa, « Kindoki eza te Kaka Kozala na maseke mais Kindoki eza kolukela muninga liwa » ( la sorcellerie ce n’est pas forcément avoir des cornes, mais c’est le synonyme de ceux qui cherchent le mal et la mort pour les autres), Minority Rights Group International cherche en tout cas la disparition, mieux la mort du parc national de Kahuzi Biega.

Et, ce ne sont pas les acteurs de la société civile locale qui diront le contraire. Tous ou presque se posent de questions sur la procédure et l’intention derrière un tel rapport.

C’est le cas de Josué Aruna Sefu, coordonnateur du réseau des organisations de la société civile environnementale du Sud-Kivu, qui relève qu’aucune organisation crédible de la société civile n’a été contactée au sujet de ce rapport.

Cet acteur de la société civile très outillé sur la question de défense des peuples autochtones pygmées se pose une série de questions qui démontrent que Minority Rights Group International a tout faux.
« Nous voulons savoir qui de Minority Rights Group International avait effectué cette mission en RDC. Quand et quelle a été la méthodologie utilisée ? Quelles sont les parties prenantes interviewées ? Et comment ce rapport a été validé avant sa publication ? ».

Blaise Mudodosi, coordonnateur de l’Ong Actions pour la promotion et la protection des peuples et espèces menacés(APEM) n’est pas moins dubitatif.

Travaillant avec les communautés pygmées de Kahuzi Biega, il soutient que la majorité des personnes contactées sur place à Bukavu ne confirment pas les allégations avancées dans le rapport de Minority Rights Group International.

Jean Pérou Kabouira