Home Société Coup dur pour les fêtards : Le Couloir Kimbuta se meurt à petit feu

Coup dur pour les fêtards : Le Couloir Kimbuta se meurt à petit feu

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Couloir Kimbuta, cette route qui a été rebaptisée du nom de l’ex Gouverneur de Kinshasa André Kimbuta, est en train de mourir de mort lente.

Avec ses nombreux bars, terrasses et coins perdus où les libertins pratiquent tout ce qui leur semble bon sous des décibels de musique apocalyptique, ce coin de la Commune de N’djili dans le district de la Tshangu voit peut être s’approcher la fin de son règne qui aura duré une dizaine d’années. Une équipe de reporters d’Alternance.cd a fait une immersion sur ce lieu ambiant pour vous proposer une série de reportages.

Pour ceux qui aiment manger, danser et aller à la rencontre des personnes à la moralité douteuse, le Couloir Kimbuta est un endroit idéal. On y trouve des bars où l’alcool coule à flots, des restaurants proposant essentiellement la cuisine congolaise, des hôtels à des prix défiant toute concurrence et pour être complet, des jeunes filles légèrement habillées vendant le plaisir.

Depuis maintenant près de dix ans, c’est chaque soir ou presque que ce couloir grouille un monde fou au point que sa renommée a traversé les frontières nationales. Chanté par de musiciens pour son ambiance, le couloir Kimbuta sombre petit à petit et commence à perdre de son prestige.

Tenanciers de bars, DJ, habitants du quartier et autres habitués du lieu sont convaincus d’une chose : la fréquentation baisse du jour le jour.

La raison? « Certains de nos clients redoutent l’insécurité», a répondu un serveur d’un bars situé en diagonal de l’Université Révérend Kim. Il a expliqué que beaucoup de clients ne se sentent plus en sécurité dans ce couloir suite aux incursions de bandits urbains appelés Kuluna,  qui y opèrent.

Gertrude, la vingtaine révolue, habillée d’une robe transparente et portant sur sa tête une forêt de mèches brésiliennes,  croit savoir le contraire. « Le problème est que les gens n’ont plus le temps de venir profiter de la vie ici. Tout le monde est devenu politique et passe son temps à s’occuper des affaires politiques », s’est-elle empressé de dire, les yeux braqués sur son téléphone.

Plus loin, le tenancier d’un bar  réputé a préféré faire parler les chiffres. A l’aide de son cahier de comptes, il a relevé la courbe descendante des recettes non seulement de son établissement mais aussi  de la quasi-totalité des débits de boissons basés sur le Couloir Kimbuta.

« A six mois, nous avons connu une baisse de recettes de plus de 45%. Certains de nos collègues sont à 60% et envisagent déjà de mettre la clé», a conclu ce licencié en Économie qui affirme qu’il gagnait bien sa vie lorsque ses affaires marchaient bien.

Impact des travaux de construction de saut-de-mouton?

Pour en savoir plus, nos reporters ont approché un agent de la Commune de Ndjili. Préférant garder l’anonymat, ce dernier a justifié la baisse de fréquentation du Couloir Kimbuta par la mesure de l’hôtel de ville interdisant l’ouverture des bars avant 18 h. A l’en croire, beaucoup de clients penseraient que comme les bars n’ouvrent plus pendant la journée, c’est que la nuit aussi ils ne travaillent plus.

Gédéon, un ancien gangster reconverti en agent de sécurité rejette quant à lui totalement la responsabilité sur les travaux de construction de saut-de-mouton. « Les gens ne viennent plus parce qu’ils ont peur de rester bloqués dans les embouteillages»,  a-t-il soutenu.

Retrouvez dans le deuxième volet de cette série de reportages consacrés à la baisse d’activités sur le couloir Kimbuta, l’impact de cette situation sur le « travail » des agents du sexe, qui pullulent dans ce coin de la capitale congolaise.

JPK/RD44

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