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Le peuple demande du pain: On lui offre des partis politiques satellites

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Depuis quelques semaines, on assiste à une avalanche de création des partis politiques en République Démocratique du Congo. Ministres, députés nationaux, mandataires publics et personnalités indépendants veulent tous avoir chacun son propre parti politique. Entre temps, le peuple congolais au nom duquel ils prétendent mener le combat politique, croupit dans la misère et se bat désespérément pour sa survie quotidienne.

C’est la saison des partis politiques en RDC. A l’espace de deux semaines, on a assisté aux annonces fracassantes de la création d’au moins quatre nouvelles formations politiques. Il s’agit notamment de l’Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund, Action des Volontaires pour la relève patriotique (AVRP) de Muhindo Nzangi, La Force du Changement de Noël Tshiani Muadiamvita et l’Action des Démocrates (AD) de Joseph Stéphane Mukumadi.

S’il n’est interdit à aucun congolais jouissant de ses droits civiques de créer son parti politique, il n’est pas aussi interdit de se poser de questions sur les motivations réelles des initiateurs de ces nouveaux partis politiques.

Parti de la haine ?

Pour une certaine opinion, le parti Alliance pour le Changement est perçu comme un moyen pour Jean-Marc Kabund, de faire sa revanche sur le régime de Félix Tshisekedi Tshilombo et sur son parti politique, l’UDPS dont il était jusqu’à il y a quelques mois, président ai. Il suffit d’ailleurs de considérer ses déclarations lors de l’annonce de la création de son parti politique pour s’en rendre compte.

Qu’à cela ne tienne, il ne sera pas étonnant de voir ce nouveau parti drainer du monde tant à Kinshasa que dans les provinces, sachant que son président national est accusé par l’UDPS de s’être rempli les poches notamment, en « détournant » des biens particuliers dont des carrés miniers.

Seulement, tout esprit normalement constitué devrait s’interroger sur la capacité de Kabund à apporter du changement sur la gestion du pays une fois à la tête d’un nouveau parti politique sans députés, sans mandataires publics et sans ministres alors qu’il n’a pas pu le faire durant les trois premières années du mandat de Félix Tshisekedi à la tête du pays.

A ce sujet, il faut signaler que le Secrétaire Général de l’UDPS, Augustin Kabuya, a révélé dernièrement que c’est l’ancien président ai qui avait choisi la plupart des délégués du parti présidentiel au gouvernement et dans les entreprises et même une majeure partie des collaborateurs du Chef de l’État.

Un mauvais casting ?

Pour ce qui est de l’AVRP de Muhindo Nzangi, son projet de société se résume en trois axes fondamentaux à savoir, la défense nationale, la relance de l’économie et de l’éducation nationale.

Là aussi, des esprits éveillés se montrent dubitatifs, sachant que le bilan de la gestion de l’initiateur de ce parti politique au gouvernement est loin de rassurer même ses propres collaborateurs.

Lire aussi ESU: Muhindo Nzangi ramasse les ordures éjectées des systèmes éducatifs Rwandais et Burundais

En effet, l’actuel ministre de l’ESU fait l’objet des critiques de la part tant des professeurs d’universités que des congolais Lambda, qui estiment globalement qu’il serait intellectuellement peu outillé pour diriger ce ministère technique.

La récente réclamation de sa démission par les Professeurs de l’Université de Kinshasa est une parfaite illustration du ras-le-bol du monde scientifique. Dire que le parti politique de ce ministre prétend relancer l’éducation nationale reviendrait à cracher sur l’éducation en question.

Pour ce qui est de la Force du Changement, son initiateur le présente comme « un parti politique qui rassemble tous les congolais derrière le Plan Marshall de Noël Tshiani pour la reconstruction et le développement de la RDC ». Gros couac : on a fort à parier que les congolais n’étant pas de pères et de mères congolais ne s’y aventurieront pas.

L’UDPS sur les traces du MPR et du PPRD

L’annonce de la création par l’ancien gouverneur nullard du Sankuru, Joseph Stéphane Mukumadi, de son parti politique, Action des Démocrates, risque de faire rire même des singes, tellement l’homme s’est montré incompétent et affairiste durant son mandat.

Reste que son parti politique, à l’instar d’autres déjà créés ou en cours de création, seraient des partis satellites de l’UDPS.

L’idée a été inspirée sans nul doute par une très ancienne pratique datant de l’époque du régime de Mobutu.

Pour rappel, minoritaire à la Conférence nationale souveraine (CNS), le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) en est sorti majoritaore grâce à l’apport de plusieurs partis satellites.

C’est ce qui avait permis au dictateur Mobutu, physiquement affaibli par la maladie et politiquement essoufflé, de tenir pendant encore quelques années.

L’histoire étant en perpétuel recommencement, le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD) a créé lui aussi, à la veille des élections de 2011, ses partis mosaïques, notamment PPPD, MIP ou RRC, ayant pour mission de jouer le rôle de seconds couteaux.

En 2018, c’était plutôt autour des nombreux regroupements politiques de jouer ce rôle.

L’histoire est en phase de se refaire avec l’UDPS aux prochaines élections. Reste à savoir si le parti de Félix Tshisekedi sera à la hauteur des enjeux, notamment en mettant en jeu les moyens financiers conséquents à la disposition de ses partis satellites.

Jean Pérou Kabouira

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