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Pourquoi la Chine est importante pour la RDC (Tribune du Professeur Georges L. Olemanu, PhD)

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Georges L.Olemanu PhD est l’un des meilleurs spécialistes de la coopération Sino-congolaise. Il est actuellement Professeur Associé au Département des Relations Internationales à l’Université de Kinshasa et Chercheur Associé au Centre de Recherche en Sciences Humaines-CRESH. Il est auteur de Pourquoi le nouveau Président Congolais devrait visiter la Chine (2019) ; Coopération Sino-Congolaise : pertinences et perspectives (2023). 

Les réformes de Deng Xiaoping ont marqué le début d’une transformation politique, économique, militaire et culturel remarquable faisant de la Chine une superpuissance incontournable au 21ème siècle. Après la mort de Mao, le rôle secondaire joué par Deng a joué un rôle salvateur, d’abord économique puis politique, culturel et miliaire, dans le retour chinois sur la scène internationale dont les échos se font entendre à ce jour. Ce faisant, la Chine est passé d’un pays insulaire et introverti en proie à des périodes de chaos et de famine au pays moderne, tourné vers l’extérieur et sophistiqué que nous connaissons aujourd’hui. La RDC est l’un des pays témoins de l’engagement stratégique chinois en Afrique.

2022 marque le 50ème anniversaire d’harmonisation des relations diplomatiques entre la République Démocratique du Congo et la République populaire de Chine. Au fil des années, l’amitié entre les deux pays s’est révélée être un partenariat stratégique, global et complémentaire dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

L’étendue de leur coopération peut être résumée en 4 périodes : Première période 1960-1972. Les relations ont été tumultueuses, en raison de l’assassinat de Lumumba. Deuxième période 1972-1990. Comparée à la première, cette période enregistre un plus grand nombre de visites, d’accords et de programmes d’aide. Ceci est dû à l’harmonisation des relations bilatérales en 1972 rendue possible par le contexte du système international de l’époque. Cependant, en raison de l’instabilité politique et de l’avènement de la guerre en RDC à partir de 1997, l’élan de la coopération s’affaiblira. Troisième période 1997-2003. Relance de la coopération sino-congolaise. La fin du régime dictatorial, le voyage de Mze Kabila à Pékin (son premier voyage à l’étranger en tant que président de la RDC), la signature de l’accord de protection et d’encouragement mutuel des investissements ont marqué la troisième phase. Cependant, deux mois après la signature de cet accord, la deuxième guerre du Congo éclatera jusqu’en 2003 officiellement mais officieusement jusqu’en 2006. Quatrième période 2008-à ce jour. Grand renouveau dans les relations Sino-congolaises en raison de la signature du mémorandum d’attente (2007), de la convention de collaboration (2008) et des différents avenants (2024) entre la République Démocratique du Congo et les entreprises publiques chinoises.

Dans cette opinion, au-delà de sa taille économique, de son réseau commercial, de ses épargnes et capacités militaires mondialement connues, le Professeur Georges Olemanu Lohalo présente et discute les raisons particulières de l’importance de la Chine pour la République Démocratique du Congo, principalement basées sur les principes de la recherche du plus grand bien, des intérêts partagés, de la sincérité, des résultats effectifs, d’amitié et de bonne foi.

D’aucuns n’ignorent que la Chine utilise principalement l’investissement et l’aide publique pour contribuer au développement économique des pays Africains. En RDC, cette approche est visible à travers l’aide directe d’État à État (par exemple sous la forme de subventions ou de prêts sans intérêt) et la signature d’accord entre les entreprises d’État chinois et celles d’État congolais (généralement sous la forme des coentreprises). Point n’est besoin d’énumérer les multiples aides et différentes coentreprises chinoises en RDC dont le financement, la construction du Centre culturel Africain à Kinshasa et la récente signature du 5ème avenant de la convention de collaboration de 2008 en constituent les preuves de vitalité d’une coopération gagnant-gagnant.

Par ailleurs, l’optimisation sans cesse renouvelée de la convention de collaboration entre les entreprises chinoises et l’Etat congolais contribue au financement sécurisé et à la construction qualifiée des infrastructures détruites par des longues années d’une gouvernance prédatrice au service des intérêts partisans et surtout rassure les investisseurs privés chinois à venir investir au Congo dont l’engagement étatique chinois symbolise stabilité des institutions et amélioration continue du climat des affaires en République Démocratique du Congo. A ce jour, l’on estime à plus de 20 milliards d’investissements chinois en RDC.

Ce chiffre d’affaires booste le commerce Sino-congolais. La Chine est devenue le principal marché d’exportation de la RDC ; devenant ainsi le premier partenaire économique et commercial congolais depuis bientôt deux décennies. Les échanges commerciaux entre les deux pays partenaires sont passés de USD68 millions en 1991, à plus de USD4 milliards en 2014 et à plus de USD9.5 milliards en 2022 dont la Chine réalise le plus grand déficit africain au bénéfice de la RDC. Ces statistiques démontrent éloquemment combien la Chine a supplanté l’Union Européenne et les USA jadis partenaires commerciaux privilégiés de la République Démocratique du Congo.

A ces éléments structurants s’ajoutent le soutien diplomatique, l’octroi des bourses d’études et la construction des écoles, l’organisation des séminaires et formation de renforcement de capacités des ressources humaines, la construction des infrastructures culturelles et l’assistance médicale qui profitent grandement à la population congolaise et solidifient la coopération Sino-congolaise.

Professeur Georges L. Olemanu, PhDgeorges.olemanu@unikin.ac.cdSpécialiste de la Coopération Sino-CongolaiseAuteur de Pourquoi le nouveau Président Congolais devrait visiter la Chine (2019), Coopération Sino-Congolaise : pertinences et perspectives (2023), etc.Département des Relations InternationalesUniversité de Kinshasa

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