Home Economie Georges Olemanu à propos du Sommet de Kigali sur la zone de libre-échange: « la RDC risque de demeurer une économie extravertie »

Georges Olemanu à propos du Sommet de Kigali sur la zone de libre-échange: « la RDC risque de demeurer une économie extravertie »

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Après deux ans de consultations, les dirigeants africains ont finalement signé, à l’issue du sommet extraordinaire de l’union africaine tenu du 17 au 21 mars 2018, l’accord sur la zone de libre-échange continental (ZLEC). Au total, 44 pays dont la RDC ont apposé leurs signatures sur cet accord conclu à Kigali, capitale Rwandaise, 27 ont signé le protocole de libre circulation des personnes sur le continent et 43 ont ratifié la déclaration de Kigali.
La ZLEC vise, conformément à l’agenda 2063 de l’UA, à créer un marché commun de 1,2 milliards d’habitants. Mais, certains analystes économiques et experts en relations internationales voient d’un mauvais œil cet accord. C’est le cas de l’internationaliste à  China Foreign Affairs University-Master Degree Candidate, Georges Olemanu Lohalo qui, pense que la République démocratique du Congo aura plus à perdre qu’à  gagner de ce marché continental commun.

Alt: Quel est votre point de vue sur la zone de libre-échange continental en Afrique ?

Georges Olemanu: La philosophie tendant à construire une Afrique, aujourd’hui connue depuis Nkrumah le Ghanéen, comme le Panafricanisme est apparu aux USA avec le Docteur William du Bois. Contre l’occupation de son peuple et de son continent, il voulait la libération de cette terre connue depuis lors comme le Berceau de l’humanité. En 1963, le rêve devenait la réalité, les idées de Dubois se matérialisaient, lui-même devenant conseiller de Nkrumah, avec la création de ce qu’on avait appelé l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA).

Depuis lors, les initiatives atterrissent multiples quand à ce qu’il faut faire pour la puissance de Notre continent à l’heure de la mondialisation où, le monde est devenu un village planétaire. Le sommet de Kigali rentre dans cette logique. Je veux croire que celle-ci portera des fruits même si je suis septique au regard des déclarations contradictoires des certaines autorités des économies émergentes et l’absence du Président Nigérian à ce Sommet.

Quant aux échanges économiques intra africains visés par ce forum, nous savons que les pays africains comparés à ceux des autres continents n’échangent pas beaucoup entre eux. L’année dernière, ils étaient à la hauteur de 16%, tandis qu’entre les Asiatiques c’est 50% et 70% entre européens. Admettons que ce traité augmentera le désir d’échanges entre pays africains eux-mêmes.

Quelle est l’opportunité pour la RDC d’appartenir une zone de libre-échange ?

C’est ça notre souci en lisant l’esprit de ce Forum. J’observe depuis un moment une évolution dans certains pays africains. Ils émergent et sont cités même dans les mêmes classements que la chine, Brésil, Inde et j’en passe. Il s’agit de l’Afrique du Sud, Egypte, Kenya, Ethiopie, Sénégal, Nigeria et bien sûr le Rwanda. C’est un danger permanent pour la RDC.

Nous devons industrialiser notre économie, produire en forte quantité pour ainsi tirer profit du système. Parce que lorsque vous vendez à quantité réduite c’est-à-dire avec rupture de stocks, vous êtes vulnérable dans les échanges. On risque de demeurer une économie extravertie.

La zone de libre-échange suppose laisse aller, laisser passer. Pas de frontières économiques entre les États membres. N’est-ce pas un risque pour un pays encore fragile sur le plan sécuritaire?

Appartenir à une zone de libre échange est une bonne chose surtout si on a une économie forte avec un PIB qui connaît de croissances positives chaque année. D’ailleurs, on retrouve cela parmi les critiques contre la mondialisation du marché (la suppression des frontières) ; le fait que les économies fortes exploitent les faibles parce que ces dernières n’ont rien à échanger et se classent preneurs, et ils n’auront rien à dire.

Je crois à cet effet, que chaque zone de libre-échange crée en son sein les conditions de sécurité de ses membres. Nonobstant le problème de Notre pays reste celui d’apporter quelques choses à ce nouveau marché voulu libre entre les Africains. Il faut industrialiser le pays et ajouter de la valeur a nos incommensurables ressources naturelles. Il y a urgence pour une pensée stratégique endogène pour que le Congo une fois grand, ressuscite l’Afrique.

Interview réalisée par Patrick Lokala

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4 Commentaires

  1. Deogracias Fabrice WAMPE

    26 mars 2018 at 9 h 13 min

    Je suis d’avis avec mon estimé ami George, oui le monde a une nouvelle allure dans les échanges; seulement chaque État qui vient échanger a des intérêts à poursuivres, de ce qui concerne la RDC, la production nationale étant quasiment faible pour ne pas dire carrément nul, prétendre échanger dans ses conditions met les pays dans une position de potentiel perdant, il est sans doute vrai que les autres États ont tous besoin de la RDC comme une réserve des ressources incommensurables non encore exploitées à juste valeur, mais la charge revient à la classe dirigeante qui doit créer des conditions qui permettent au pays de profiter même via l’importation des biens d’équipement dans les premières heures de ces échanges pour activer les secteurs industrialisant (l’ Agriculture et autres).

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    • Patrick Lokala

      2 avril 2018 at 9 h 22 min

      Merci pour votre commentaire. A chaque que vous aurez prière de nous contacter

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      • Patrick Lokala

        2 avril 2018 at 9 h 24 min

        Merci pour commentaire

        Répondre

        • Patrick Lokala

          8 avril 2018 at 23 h 00 min

          Thank you

          Répondre

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