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Assemblée nationale : La démocratie en danger

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Deux députés nationaux congoalais risquent de faire les frais de l’exercice de leur liberté d’expression. Il s’agit de Jean-Baptiste Muhindo et de Delly Sessanga, qui ont affirmé que les députés nationaux toucheraient 21 000 dollars américains par mois comme l’a allégué l’opposant Martin Fayulu. Ils sont appelés à être entendus par une commission spéciale décidée au cours de la plénière du mardi 27 septembre 2022.

C’est à l’initiative du député Nanou Memba que la plénière a décidé de la mise en place d’une commission dite « spéciale et temporaire » devant auditionner les deux députés nationaux.

L’auteur de la motion a estimé que ses collègues devraient être entendus sur les motivations qui les ont poussés à « confirmer les allégations mensongères » qui selon lui, ont jeté l’opprobre sur l’Assemblée nationale sur un « prétendu » montant de 21.000 dollars américains que gagnerait mensuellement un député au titre d’ émolument.

Pour rappel, l’opposant Martin Fayulu avait révélé qu’un député national congolais est mieux traité qu’un député français et américain et qu’il touche 21.000 dollars américains au titre de salaire. Après cette révélation, plusieurs députés avaient réagi, mais chacun avait avancé son chiffre. Jusqu’à ce jour, le bureau de l’Assemblée nationale n’a pas communiqué officiellement sur le montant réel que touche un député.

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Si presque tous les députés qui ont réagi ont pris le contre-pied de Martin Fayulu, Jean-Baptiste Muhindo et Delly Sessanga ont eux, affirmé que ce qu’un député national perçoit peur arriver au chiffre de 21.000 dollars américains qu’il a évoqué.

Sessanga assume ses propos

Après l’annonce de la mise en place d’une commission spéciale chargée de les auditionner, Delly Sessanga se dit prêt à assumer ses responsabilités, « quoi qu’il en coûte, quelles qu’en soient les sanctions au sein ou en dehors de l’Assemblée nationale…pour que nous ayons un État qui soit modeste mais efficace et capable de répondre aux besoins de notre population .»

Intrépide, l’élu de Luiza dans la province du Kasaï-Central et président national du parti politique Envol se montre serein.

« Je suis en train de mener depuis des années un combat pour la réduction du train de vie de l’Etat. C’est un combat de conviction, de fond et structurant pour notre pays. Je le mènerai jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte et je ne me laisse pas intimider par quoi que ce soit. Ensuite je suis un député élu. Je suis à ma troisième législature. Je suis très serein à pouvoir répondre à toute invitation de quelque commission que ce soit dans la vérité et l’intégrité », a déclaré Delly Sesanga, mercredi 28 septembre.

Pour une certaine opinion, si l’Assemblée nationale sanctionne ces deux élus, elle mettrait en mal la démocratie, étant donné que chaque élu jouit de la liberté d’expression et d’opinion.

« Ils auraient menti, estime un analyste, si et seulement si le bureau avait communiqué sur le montant réel que touche chaque député au titre de salaire .» Le temple de la démocratie est donc dans une mauvaise posture.

Junior Lomanga

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