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Régime de notification d’achat d’armes: Christophe Lutundula met en garde contre des attaques aux institutions onusiennes et aux partenaires extérieurs

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Face à l’obligation de notification imposée aux vendeurs et aux transporteurs d’armes qui empêche au gouvernement congolais de s’approvisionner sans difficulté en armes, un sentiment d’injustice s’est installé au sein de la population congolaise. Après avoir saisi le comité des sanctions des Nations pour lever toutes les conditionalités imposées, le Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala recommande aux congolais de ne pas verser dans la violence contre des institutions du système des Nations Unies et de partenaires extérieurs.

Invité sur Radio Okapi ce jeudi 17 novembre 2022, le chef de la diplomatie congolaise a soutenu notamment que s’attaquer aux institutions onusiennes et aux partenaires de la RDC « ne pourra que desservir notre pays au profit de nos ennemis intérieurs et extérieurs ».

Lire la retranscription de ladite interview.

Radio Okapi: Vendredi dernier, vous avez fustigé la difficulté pour la RDC de s’approvisionner en armes alors que l’embargo avait déjà été levé. Qu’est-ce qui bloque aujourd’hui à s’apprivisionner en armes?

Christophe Lutundula Apala : En tout cas, les mesures restrictives prises par le Conseil de sécurité de l’ONU par ses résolutions 1596 de 2005 et 1807 de 2008 gêne énormément les efforts du gouvernement de la RDC pour refonder notre armée, la doter des instruments nécessaires à l’accomplissement de ses missions régaliennes et à accroître sa force de frappe face aux groupes armés qui commettent des crimes abominables et créent l’insecurité à l’Est de notre pays et cela est indiscutable. C’est une évidence quand bien même la résolution 2641 de 2022 du Conseil de sécurité venait de réduire la liste des types d’armes soumis à l’obligation de notification par les vendeurs d’armes à la RDC.

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Il ne reste pas moindre que la suspicion et la méfiance qui pèsent sur notre pays continuent à hypothéquer sa crédibilité auprès de banquiers, de fournisseurs et armateurs qui hésitent de traiter avec lui pour ne pas dire qui refusent de traiter avec lui. C’est injuste et ce n’est pas objectivement fondé à l’heure actuelle.

Nous l’avons tous suivi, la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies a bel et bien affirmé que l’embargo sur les armes ne concerne que les forces négatives et que le gouvernement congolais n’est pas concerné. Qu’est-ce qui qu’aujourd’hui les livreurs aient toujours des difficultés d’acheminer les armes facilement jusqu’en RDC?

Disons brièvement qu’en 2004, le Conseil de sécurité a créé un comité chargé de sanctions, sanctions qui étaient imposées aux groupes armés évoluant au Congo et de manière générale à toutes les parties prenantes aux guerres que nous avons connues pendant cette période et un peu avant. Évidement, à l’époque il était demandé au gouvernement de la République de soumettre tous les achats d’armes à l’autorisation préalable de ce comité de sanctions.

Mais par la suite, il y a eu une évolution qui a fait qu’à partir de 2008, l’obligation a frappé un peu plus durement les groupes armés. Il est resté seulement en ce qui concerne le gouvernement officiel de la République, l’obligation pour ceux qui nous vendent les armes et même ceux qui les transportent, dans une certaine mesure, de déclarer par une notification claire les types d’armes, de munitions, les quantités qui sont vendues à la République Démocratique du Congo.

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Ce n’est pas la République Démocratique du Congo qui déclare mais ce sont ceux qui lui vendent ces matériels de guerre. Comme je venais de dire précédemment, d’une manière ou d’une autre, nous sommes sur une liste qui n’est pas tout à fait propre et qui crée la suspicion. Ça nous pose un problème qui n’est pas seulement psychologique mais aussi politique et diplomatique quelque part.

Qu’avez-vous fait de concret dans le cadre de la diplomatie pour que tous ces boucliers qui bloquent aujourd’hui la RDC à s’approvisionner en armes soient complètement levés ?

Sous la très haute autorité du président de la République, Son Excellence Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, je viens de saisir le président du comité des sanctions de l’ONU, le représentant permanent du Gabon auprès de cette organisation internationale qui a conduit la mission d’évaluation du comité des sanctions dans la région des Grands Lacs, pour lui demander de recommander dans son rapport de mission au conseil de sécurité, de réhabiliter notre pays dans tous ses droits entant que État souverain notamment en levant toutes entraves injustes et sans raison objective au redressement de son armée et à la protection de son intégrité territoriale ainsi que de ses populations et des institutions constitutionnelles.

Que recommandez-vous à la population congolaise pour que les manifestations politiques ne jouent pas en défaveur de la RDC?

Je demande par conséquent aux congolaise de ne pas verser dans la violence contre des institutions du système des Nations Unies et de partenaires extérieurs. Une telle violence à l’évidence ne pourra que desservir notre pays au profit de nos ennemis intérieurs et extérieurs.

Il faut faire extrêmement attention aux extrémistes de tous bords qui ne cherchent qu’à créer la confusion, à perdurer les choses pour finalement dire que voilà, ça vient de capoter. L’appel à la vigilance nous lancé par le chef de l’Etat signifie aussi ne pas tomber dans le piège des pêcheurs en eaux troubles.

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