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Fouettage de femmes à Kabambare : Matata Ponyo met le gouvernement devant ses responsabilités

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Ce sont des faits d’une extrême violence, qui doivent choquer tout cœur normalement constitué. Des filles et femmes nues ont été fouettées comme de serpents sur ordre d’un chef rebelle maï maï à Salamaliba, territoire de Kabambare, dans le Maniema. Choqué et scandalisé, le sénateur Matata Ponyo a conduit, ce lundi 23 janvier 2023, une délégation des parlementaires de cette province auprès du ministre des Droits humains, Albert Fabrice Puela.

Il n’y a pas que le M23 qui contrôle une partie du territoire de la RDC. Des rebelles maï-maï contrôlent eux aussi une partie de la province du Maniema. En témoignent les séquences vidéos horribles des filles et femmes fouettées nues pour avoir porté de jupes courtes.

Pour y mettre fin, le sénateur Matata Ponyo a pris l’initiative de porter la voix, avec les députés nationaux, sénateurs et députés provinciaux du Maniema, de leurs électeurs auprès du gouvernement central.

« L’état de lieu c’est que la population de Kabambare se sent abandonnée. Et c’est innaceptable lorsque dans un pays qui a la puissance publique, qu’une partie se sente abandonnée. C’est innaceptable de notre part de voir que les rebelles commencent à administrer une partie du pays, que le chef rebelle dise :« j’ai décidé que personne ne porte un pentalon, que personne ne porte une jupe courte…», dans un pays d’Etat de droit. C’est innaceptable », a-t- protesté devant la presse, après avoir été reçu par Albert Fabrice Puela.

Où est l’Etat de droit ?

Affirmant ne pas être en mesure de déterminer s’il y a de tireurs de ficelles dans ce dossier, l’ancien premier ministre a expliqué ce que lui et ses collègues parlementaires du Maniema attendent du gouvernement cental.

« Nous sommes venus au ministère des Droits humains pour porter la voix du peuple du Maniema en général et du Kabambare en particulier, parce que le peuple du territoire de Kabambare se sent abandonnée. Il y a des endroits où il n’y a pas de policiers. S’il n’y a pas de policiers, le pouvoir a horreur du vide et les rebelles occupent l’espace. Nous ne sommes pas en mesure de pouvoir transmettre le sentiment pathétique de ce peuple qui se sent abandonné. Nous avons été élus notamment pour porter leur voix. Je crois qu’il est important que le ministère des Droits humains, le ministère de l’intérieur, le ministère de la Défense et autres puissent expliquer à la population du Maniema, qui se pose la question de savoir si elle est abandonnée ou pas. Parce qu’au 21 ème siècle on ne peut pas dénuder une fille, on ne peut pas dénuder une femme. Imaginez l’honneur que nous avons envers nos mamans », a-t-il expliqué.

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Au nom des parlementaires du Maniema, toutes tendances confondues, Matata Ponyo s’est demandé : « Est-ce que nous sommes dans un État de droit ? Si oui, mais pourquoi certaines personnes sont abandonnées ? Les faits sont là et on se pose la question mais pourquoi cela? ».

A la question de savoir quelle a été la réaction du gouvernement provincial, il a révélé que celui-ci « n’a rien fait » et s’est même permis de « prêcher pour une collision entre la population, la police, l’Armée et la rébellion».

Une mission conjointe envisagée

De son côté, le ministre des Droits humains a reconnu que les actes de violences dénoncés par Matata Ponyo et ses collègues et les a condamnés.

« Ce qui est en train de se passer au Maniema dans le territoire de Kabambare à Salamaliba plus précisément, a-t-il dit, écoeure non seulement la communauté internationale mais particulièrement la communauté nationale et le gouvernement en particulier. C’est au nom donc du gouvernement que nous sommes préoccupés. Vous avez certainement suivi le communiqué que le ministère a rendu public et ce jour nous avons reçu une délégation constituée des députés nationaux, sénateurs et de députés provinciaux du Maniema dont de membres de l’Assemblée provinciale, délégation conduite par le sénateur Matata Ponyo. C’est pour vous dire que c’est très préoccupant ».

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Albert Fabrice Puela a insisté sur le fait qu’ « on ne peut pas admettre qu’en plein 21 ème siècle, il y ait un homme qui peutv faire la loi aux côtés des institutions légalement établies et imposer la charia, se mettre à flageller des êtres humains qui sont dans leur pays ».

Reconnaissant que cette situation avelit l’image du pays, il a promis, d’ « échanger avec Son Excellence Monsieur le premier ministre puisque c’est lui qui coordonne l’action gouvernementale, pour qu’une mission conjointe{ministère de l’intérieur- Assemblée nationale- Sénat et Assemblée provinciale } (…) pour rassurer nos compatriotes que le gouvernement prend à bras le corps ce problème qui nous préoccupe au plus haut point ».

RD44

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