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Exploitation des femmes dans les bistrots: Un esclavage banalisé à Kinshasa

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C’est une réalité qui fait partie du quotidien des habitants de Kinshasa. Des filles et femmes travaillant dans des bistrots, terrasses et bars sont exposées à une exploitation sexuelle. Abusées par leurs employeurs et/ou les clients, elles observent malheureusement la loi du silence.

Les habitués des terrasses, restaurants, bars et boîtes de nuit de Kinshasa ont l’habitude de découvrir de temps en temps de nouveaux visages, particulièrement féminins.

Les filles et femmes qui travaillent dans ces endroits sont recrutées et remerciées selon les humeurs des responsables.

Généralement sous payées (quand elles ont la chance d’avoir un salaire), ces filles souvent issues de milieux défavorisés sont soumises aux caprices des employeurs et de clients.

D’après de témoignages recueillis au couloir Kimbuta, Yolo Kapela, Beau Marché, Bandal Tshibangu et à Nyangwe auprès d’une trentaine de femmes, l’exploitation sexuelle se porte bien dans ces endroits ambiants.

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Elles racontent que les employeurs leur demandent souvent d’être séduisantes et coopératives avec les clients. Au bas mot, on leur imposerait l’obligation d’être de « femmes faciles ».

Des témoignes effrayants

A Kinshasa, il est fréquent de trouver des clients qui fréquentent une terrasse, un restaurant, un bar ou une boîte de nuit juste pour se servir d’une ou des vendeuses qui y travaillent.

A titre illustratif, une terrasse située non loin du rond point Huilleries s’est taillée la réputation d’habiller ses employées en tenue légère, qui met en exergue leurs attributs féminins.

Une autre terrasse située dans la commune de Lingwala a la réputation de ne recruter que de femmes aux derrières éléphantesques.

Plus grave, ça et là, le salaire est loin d’être une obligation de l’employeur.

« Mon patron m’a promis un salaire mensuel de 50$. A la fin du mois, il m’a dit que comme il a appris que je suis sorti avec quatre hommes, il m’a dit que ce qu’ils m’ont donné, c’est ça mon salaire », a témoigné Axcelle (nom d’emprunt), une jeune femme de 23 ans rencontrée dans un bar du très bouillonnant Lemba super.

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Anita (prénom changé), belle jeune dame de 21 ans au corps tatoué à plusieurs endroits, dit avoir déjà travaillé dans 6 bars différents depuis 2021.

« Partout, témoigne-t-elle, le test d’embauche consistait soit à coucher avec le gérant, soit à lui donner de garanties qu’une fois embauchée, je séduirais de clients pour les fidéliser et rentabiliser la boîte ».

Des victimes culpabilisées

Les accusations étant graves, la parole a été accordée aux accusés :

« Certes, il y a des cas comme ça de jeunes femmes qui ont été abusées sexuellement, mais il faut relativiser. Certaines considèrent le travail dans un bistrot, terrasse ou bar comme une occasion en or de se vendre aux mieux offrants » a botté Gilbert, gérant d’un grand bar situé sur l’avenue Kabambare dans la commune de Kinshasa.

De son point de vue, les responsabilités sont partagées entre les femmes dont certaines « choisissent de vendre non seulement les boissons mais aussi d’autres services » et les employeurs radins ainsi que des clients qui agissent en prédateurs sexuels.

Mme Caroline Norah Pindi

En réaction, Caroline Norah Pindi, architecte et activiste des droits de femmes estime que la misère, la recherche de l’argent facile, l’irresponsabilité de certains parents, la baisse des valeurs morales de la société congolaise ainsi que le manque de suivi du gouvernement sont entre autres facteurs qui favorisent l’exploitation sexuelle des femmes dans les bistrots à Kinshasa.

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« La société civile doit sensibiliser les jeunes et arriver à créer un programme d’encadrement pour les jeunes filles. C’est très important mais pour y arriver, les structures de la société civile doivent être financées, travailler en franche collaboration avec les ministères étant donné que ce sont eux qui encadrent ces dernières en mettant à la disposition des structures de la société civile tous les moyens financiers et logistiques pour sensibiliser la jeune fille et l’encadrer. Si vous connaissez une boite de nuit où les jeunes filles sont exploitées, il faut dénoncer. Nous devons travailler avec la population toute entière pour arriver à mettre fin à ce fléau », a-t-elle expliqué au micro de Pourelle.info, premier média en RDC consacré à l’actualité des femmes.

Esther Mangela et RD44

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