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Médias : Pas de protection sociale pour les journalistes dans la nouvelle loi sur la liberté de la presse

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L’humanité célèbre, ce mercredi 3 mai 2023, la 30 ème journée mondiale de la liberté de la presse. Cette journée aura une dimension en République démocratique du Congo, car, le pays vient de se doter d’une nouvelle loi sur la presse. Celle-ci aura laissé une écrasante majorité de journalistes à leur faim concernant l’amélioration de leurs conditions sociales tant souhaitée. Alternance.cd vous explique pourquoi.

Adoptée par voie de ratification par l’Assemblée nationale début avril dernier, l’Ordonnance Loi n°23/009 du 13 mars 2023, fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse, d’information d’émission par la radio et la télévision, la presse écrite ou tout autre moyen de communication en RDC remplace la vielle Loi n°96/002 du 22 juin 1996 considérée comme obsolète.

La nouvelle loi se fonde essentiellement sur les recommandations des travaux des états généraux de la presse tenus à Kinshasa l’année dernière. Elle a le mérite notamment de doter la presse congolaise d’un cadre légal plus moderne et plus protecteur pour les journalistes et les médias et de poser les jalons de la remise en ordre de la profession des journalistes.

Ainsi, l’Ordonnance loi n°23/009 du 13 mars 2023 durcit davantage les conditions d’accès à la profession et d’obtention de la carte d’identité professionnelle, et consacre la reconnaissance officielle de l’instance d’auto régulation, à savoir, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC).

Des conditions strictes pour accéder à la profession

Dans le même ordre d’idée, elle impose au candidat journaliste des conditions strictes, notamment avoir au moins un niveau d’étude supérieur en communication ou en journalisme, ensuite effectuer un stage de 12 à 24 mois. Mais ce n’est pas tout car, il devra, avant d’exercer, et à l’issue de la période probatoire, s’engager à respecter le code d’éthique et de déontologie du journaliste congolais par la signature d’un acte d’engagement écrit auprès de l’instance de l’auto régulation de la profession.

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Malheureusement, rien dans la nouvelle loi ne garantit au pauvre journaliste, après ce parcours de combattant pour intégrer la profession, des avantages susceptibles de lui garantir des bonnes conditions sociales.

En effet, nulle part dans la nouvelle loi, il est fait mention ou simple allusion à une obligation de rémunération pour les journalistes par les médias tant publics que privés.

La nouvelle loi précise certes que les dispositions sus mentionnées s’appliquent tant aux médias publics que privés, communautaires et confessionnels.

Or, il n’est un secret pour personne que le métier des journalistes est un des métiers les plus fragiles en RDC, le journaliste congolais travaillant généralement sans contrat de travail et étant habitué à vivre de ses propres efforts.

L’ombre des patrons de presse plane

Interrogé à ce sujet, un conseiller au ministère de la Communication et médias a expliqué que la question de rémunération des journalistes concerne plutôt le ministère de l’Emploi, travail et prévoyance sociale et les instances de régulation de la presse, le CSAC et l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC).

Des explications qui sont loin de convaincre un ancien journaliste, qui accuse les patrons de presse, « massivement représentés aux états généraux de la presse », d’avoir réussi à éviter que la nouvelle loi les contraignent à faire signer des contrats aux journalistes.

Pami Halele

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