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Fraude minière dans le Masisi : La SOGECOM prise la main dans le sac

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Correspondance Particulière

Le masque vient de tomber pour la société SOGECOM (Société Générale de Commerce). Elle est prise en flagrant délit de fraude minière dans le Masisi, plus précisément dans le PE 76. Un lot de 800 kg de coltan lui destiné et en instance d’être expédié à Goma a été intercepté et saisi à Rubaya le 26 août dernier par la PMH (Police des Mines et Hydrocarbures). Ce qui atteste la pratique de la fraude minière, qui est sur une courbe ascendante dans la contrée depuis le dernier trimestre 2021 et dont certains opérateurs du secteur se révèlent être des acteurs actifs. Sous la direction de la CNLFM (Commission Nationale de la Lutte contre la Fraude Minière), la procédure est en cours pour faire rentrer dans ses droits le tenant des titres miniers et prendre des sanctions exemplaires à l’endroit des fonctionnaires au centre de cette magouille.
La production artisanale des minerais des 3 T (Coltan, étain et tungstène), particulièrement celle du coltan, connaît une tendance baissière dans le Masisi. Les statistiques disponibles auprès des services des mines attitrés dans la province du Nord-Kivu sont éloquentes à ce sujet depuis le dernier trimestre 2021. Les intervenants dans le secteur, officiels comme privés, conjuguent des efforts pour y inverser l’inclination, mais les résultats sont encore en deçà du seuil de la moyenne de référence. Les uns et les autres sont appelés ainsi à plus d’ardeur pour juguler cette conjoncture.

A la base de cette situation : la fraude et la contrebande minières dont se distinguent nombre d’opérateurs avec la complicité de certains agents des services des mines, voire de leurs relais positionnés dans les pays voisins. La preuve vient d’être administrée avec la saisie, le 26 août dernier, de 800 kg de coltan étiquetés à Rubaya, en plein PE 76, à l’aide des documents authentiques dument signés par les préposés de la Division des Mines et du SAEMAPE (Service d’Assistance et Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale) sur le terrain. Destination finale de la cargaison : l’entreprise SOGECOM à Goma, alors que celle-ci n’a aucun contrat qui lui permet de s’approvisionner sur cette concession. Vigilants, des éléments de la PMH ont intercepté ces minerais et alerté les services compétents.

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Ce lot de minerais, qu’importe son volume, est indicateur de la fraude minière qui a élu domicile dans le PE 76. Il s’ajoute aux 3 tonnes de coltan saisis en février (2022) et dont le dossier, à l’initiative de la CNLFM, suit son cours au niveau de la justice. Ledit lot appartiendrait à un certain …….. Mutombo, réputé négociant pour le compte, notamment, de SOGECOM. Afin de contourner la procédure entamée par la justice au niveau de Goma, ce dernier a usé sans succès du trafic d’influence en portant l’affaire au niveau du Parquet près la Cour de Cassation à Kinshasa qui, sans coup férir, l’a renvoyée à la case départ. Point n’est besoin de rappeler qu’en janvier, au plus fort de la fraude, 70 tonnes de coltan avaient gagné le Rwanda sous le regard médusé des organismes de traçabilité.

A la CNLFM au niveau de Goma, l’affaire fait grand bruit et l’on se dit désolé de l’incident. Au vu des documents authentiques sous-tendant la transaction, l’on note qu’il s’agit bel et bien d’un cas flagrant de fraude qui doit être sévèrement sanctionné afin d’éradiquer cette pratique qui est préjudiciable aussi pour l’Etat que le secteur minier. L’on en appelle ainsi à des châtiments exemplaires à l’endroit des fonctionnaires de l’Etat et à des mesures dissuasives à l’égard d’autres intervenants dans le secteur afin de mettre au pas tous les pécheurs en eaux troubles. Entretemps, il est de bon aloi que l’Etat mette fin à la circulation de l’argent d’origine inconnue dans les sites d’exploitation minière artisanale qui aide au préfinancement des creuseurs et des négociants et contribue à la spéculation qui y sous-tendent la fraude et la contrebande minières.

P. Kasereka Paluku/C.P.

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