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RDC: La CNSS à la manœuvre pour la prévention des accidents au travail

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« Mieux vaut prévenir que réadapter. Mieux vaut réadapter qu’indemniser dit-on. Pour sa part, la CNSS vous rassure de son ferme engagement à œuvrer pour la promotion d’un environnement de travail sûr et sain en faveur des travailleurs de la République démocratique du Congo ». C’est en ces termes que le directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale, Charles Mudiay Kazadi, a conclu son discours à l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et santé au travail, célébrée ce jeudi 28 avril 2023. A travers ces propos, il a réaffirmé l’engagement de la CNSS à matérialiser la vision du chef de l’État Félix Tshisekedi, de garantir aux travailleurs la sécurité et le bien-être au travail.

Le thème choisi cette année par l’Organisation international du travail (OIT) est: « Un environnement de travail sûr et salubre, principe et droit fondamental au travail ». Une manière d’inviter les experts à discuter du concept d’«environnement de travail sûr et salubre » et des conséquences que cela pourrait avoir sur le monde du travail, ainsi que sa mise en application pratique dans le monde professionnel.

En République démocratique du Congo, le ministère de l’Emploi, travail et prévoyance sociale a réuni des experts du monde du travail et des partenaires sociaux pour faire le point sur les efforts consentis par le gouvernement dans la promotion des principes et droits fondamentaux au travail.

Dans son discours, le directeur général de la CNSS a loué « la vision stratégique » du président de la République mise en œuvre par le gouvernement, concrétisée notamment par la signature du mémorandum d’accord avec l’OIT pour le programme pays de promotion du travail décent.

Il a remercié la tutelle, la ministre de l’Emploi, travail et prévoyance sociale, Claudine Ndusi, « qui matérialise la vision du chef de l’État, celle de mettre l’homme au centre de toute action dans le domaine de prévoyance sociale ».

Des programmes de prévention des accidents en cours d’élaboration

Le DG de la Caisse nationale de sécurité sociale a relevé ce que le législateur congolais a prévu dans la Loi n°16/009 du 15 juillet 2016 en ce qui concerne la prévention des risques professionnels et ce qui est fait quant à ce par son institution.

« Pour ce faire, la CNSS est en train d’élaborer de programmes de prévention des accidents du travail et de maladies professionnelles qui permettront d’assurer efficacement la promotion des activités tendant à éduquer et à former les employeurs et les assurés sociaux afin de les prévenir contre les risques éventuels. Devant la nécessité et l’urgence de se doter d’une politique et d’une stratégie de prévention, le Conseil d’administration de la CNSS a décidé en 2021, du fonctionnement effectif d’une direction de prévention des risques professionnels ayant pour mission de traduire en actes concrets les innovations apportés par la loi sus-evoquee en matière de la sécurité et de la santé au travail », a expliqué Charles Mudiay.

Pour y arriver, a-t-il poursuivi, « la CNSS a investi dans la formation académique des animateurs de cette direction et de ses autres cadres en cours de spécialisation dans différents domaines de sécurité et de la santé au travail ».

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Mais ce n’est pas tout car, le management actuel veut aller plus loin.

« Ainsi, pour relever le défi qui est le nôtre, la CNSS se propose d’initier une étude sur la performance du système de la sécurité et de la santé au travail dans les entreprises du secteur formel dans notre pays. Les résultats attendus de cette étude permettront à la CNSS de mettre planification stratégique dont découleront plusieurs programmes et projets d’accompagnement technique des employeurs et leurs travailleurs pour le développement de la culture de prévention », a déclaré le directeur général de l’ex-INSS.

Des chiffres qui interpellent

La journée mondiale de la sécurité et la santé au travail promeut la prévention des accidents et maladies professionnels dans le monde entier.

En juin 2022, la Conférence internationale du travail a décidé d’inclure dans le cadre des droits et principes fondamentaux de l’OIT le concept d’« environnement de travail sûr et salubre ».

Les statistiques fournies par l’Association internationale de la sécurité sociale renseignent qu’une partie de 4% du PIB résulte de ces risques et qu’une charge supplémentaire de 10% du chiffre d’affaires des entreprises provient des accidents du travail et de maladies professionnelles.

C’est suite à cette situation alarmante que le mouvement syndical mondial en 1996, a rendu hommage aux travailleurs victimes des accidents de travail et de maladies professionnelles en leur consacrant la journée du 28 avril de chaque année.

Selon le rapport de l’exercice 2018 de l’OMS sur la situation de la sécurité routière dans le monde, cité par le DG de la CNSS, les décès sur les routes restent sensiblement élevés avec une estimation de 1.35 millions de décès évitables et 50 millions de traumatismes chaque année.

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Les accidents de la route coûteraient à la plupart des pays du monde l’équivalent de 3% de leurs PIB, 13 millions de décès, 500 millions de traumatismes supplémentaires sont susceptibles d’être causés. Ils pourrait entraver le développement durable des pays à revenus faibles ou intermédiaires.

L’Afrique enregistre le taux le plus élevé de mortalité liée aux accidents de circulation avec 26,6% pour 100 mille habitants suivi de l’Asie avec 20,7% pour 100 mille habitants comparés au taux mondial qui est de 18, 2% pour 100 mille habitants.

Au niveau national, d’après un rapport de la Commission nationale de la prévention routière (CNPR), pour la seule ville de Kinshasa, 1152 cas ont été recensés en 2019 faisant 2184 victimes dont 364 personnes tuées, 824 blessés graves, et 996 blessés légers.

La situation s’est aggravée en 2020: 1248 cas d’accidents ont été enregistrés à Kinshasa avec 412 morts. Ceci montre en suffisance combien la sécurité routière demeure préoccupante même dans notre pays.

Un centre orthopédique moderne à Lubumbashi

En guise de solution, outre la prise des accidents de travail, en ce compris ceux relatifs aux trajets, la contribution de la CNSS dans le secteur routier sera de concourir à la promotion d’une stratégie nationale de la sécurité routière.

« Pour ce faire, a annoncé le DG Charles Mudiay, la Caisse compte organiser dans les prochains jours, de journées de réflexion et de sensibilisation avec le concours des professionnels de transport routier sur les impacts socio économiques des accidents routiers et les mesures de prévention à mettre en œuvre pour y remédier ».

Par ailleurs, il a rappelé que la Caisse s’est dotée du Centre orthopédique de Lubumbashi dont les travaux de finition viennent d’être entamés et dont les techniciens orthopédistes ont été formés en Allemagne avant un stage de perfectionnement prévu dans les prochains jours à Nairobi au Kenya.

« Pour matérialiser la politique du gouvernement qui se traduit dans cette ambitieuse vision du chef de l’Etat, la finalité de ce centre orthopédique sera non seulement de répondre aux besoins immédiats des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles, mais aussi de doter notre pays d’une école régionale de formation en appareillage orthopédique au-delà de deux seules existant en Afrique, à Lomé pour les pays francophones et en Tanzanie pour les pays anglophones. Ce qui permettra ainsi à la CNSS de se positionner en ordre outil comme centre d’expertise national dans le cadre du processus de mise en œuvre de la couverture santé universelle en cours dans notre pays », a promis le directeur général de la CNSS.

Ce, avant d’attirer l’attention des employeurs que le fait que « quel que soit le coût des actions de prévention des risques professionnels en faveur de leurs salariés, ces actions constituent un préalable obligatoire à une éventuelle réparation des risques car il a été démontré qu’un mécanisme de réparation qui ne serait pas associé à une obligation de prévention risquerait d’avantager les comportements de prise de risques au travail ».
RD44

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